TARN (FRANCE) - mineurs, mine, charbon, houille, lampes, etc..
L'ASPICC était parmi les nombreux spectateurs des deux représentations, ce dimanche 4 décembre 2016, jour de la Sainte-Barbe, fête des mineurs, au Musée-mine départemental de Cagnac-les-Mines pour cette création théatrale "Nuits blanches de gueules noires" écrite par Magalie Brémaud, mise en scène par Thierry Desdoits et interprêtée par Thierry Desdoits et Brice Pomès.
Cette très belle et très originale création, a l'audace rare de mettre en scène le milieu ouvrier mais surtout le monde des mineurs de fond, de leurs vies, de leurs drames et de leurs espérances.
L'auteure Magalie Brémaud a collecté ces fameuses histoires de mineurs mais aussi des anecdotes et confidences plus rares, d'abord dans le bassin houiller Carmaux-Cagnac mais aussi dans les autres houillères de France, au travers de publications, pour nous donner une vision plus large de cette vie extraordinaire et universelle des hommes du monde souterrain du charbon. Les membres de l'ASPICC ont été conviés à participer autour d'une table à confier leur propre histoire faite d'anecdotes peu banales que l'auteure a saisies pour le plus grand bien de la pièce. Cette dernière a d'ailleurs amicalement remercié, parmi tant d'autres, à la fin du spectacle, les membres qui se sont prêtés à ces échanges.
Les différents tableaux de cette pièce de théatre se déroulent au fond de la mine, avec deux mineurs protagonistes généreusement interprêtés par Thierry Desdoits et Brice Pomès, jouant tour à tour des mineurs d'origine soit occitane, soit nordiste, soit polonaise, soit espagnole, soit marocaine, à l'image de la diversité de tous les bassins houillers de France. que l'on a affublé d'un titre prestigieux à la Libération, celui de Premier ouvrier de France
Autour, sur ou au dessous d'un wagonnet de mine, nos deux ouvriers de la nuit en tenue de travail portant les stigmates de la poussière de charbon, vont nous entraîner dans ce monde ouvrier que peu d'auteurs ont voulu saisir et relater.
Sauf Emile Zola qui a souhaité que son oeuvre "Germinal", publiée en 1885, soit adaptée en pièce de théatre au Châtelet à sa sortie par son ami William Busnach. Malheureusement, comme l'écrit, cette même année, Emile Zola dans un article dans le Figaro "la censure, que notre pauvre République a eu la pudeur d'enguirlander du titre de commission d'examen, avait signalé Germinal, le drame tiré de mon roman comme une oeuvre socialiste dont la représentation offrirait les plus grands dangers au point de vue de l'ordre. La pièce ne sera jouée que trois ans plus tard, en 1888 au Châtelet, grande scène qui a permis la création de neuf tableaux avec de très grands décors nécessités par la diversités des scènes au jour et au fond de la mine.
En 2016 au Musée-mine à Cagnac-les-mines, le metteur en scène Thierry Desdoits n'a pas versé dans le pathétique, les dialogues suffisamment puissants venant appuyer d'incroyables situations. Avec Brice Pomès, leur confrontation nous fait voyager dans le temps et dans les sentiments les plus profonds de leur vie si peu ordinaire
Cette création théatrale mérite d'être largement représentée, surtout auprès d'un public non connaisseur du monde de la mine parce que les situations et les dialogues expriment avec force les craintes, les dangers et les aspirations que peuvent vivre tous les travailleurs confrontés à des conditions de travail pénibles et surtout à la disparition de leur emploi.
PT - ASPICC
Voici le texte de présentation imprimée sur le carton d'invitation du Musée-mine départemental:
A la mine, on les nomme «ceux du fond». Certains s'appellent Tonio, Stanislas ou Elie, d'autres ont pour surnoms Ch'ti ou Rase-mottes, Charretier ou encore Somiador. Stakhanovistes de la bataille du charbon ou derniers des mohicans des puits qui ferment, ils ont en commun une vie de labeur dans les ténèbres et, souvent, la volonté viscérale que leurs fils ne mettent jamais un pied dans la cage. Pourtant … les générations au fond s’enchaînent et lorsque les corps récupèrent de leurs rudes efforts, les esprits se mettent en roue libre et les langues se délient. A travers des dialogues bruts, cocasses ou oniriques, s’égrainent leurs désirs, leurs regrets et utopies intimes. De quoi tisser une fraternité à toute épreuve.
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Les réactions
schmitt daniele
Le 06/12/2016 à 20:06:11
La lecture de ce texte fait ressurgir les émotions ressenties lors de la représentation, transmises avec justesse par les acteurs. Un siècle et demi de vies, de conditions de travail, a défilé tel un fil d'ariane suspendu dans la poussière de charbon...Nous nous sommes tous sentis, galibot, mineur,
porion. Merci
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